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Sur la production d’électricité

Combien coûte l’électricité produite ?

Produire 1 MWh à terre coûte en moyenne de 60 à 70 €. Ce montant tient compte de l’ensemble des coûts, depuis l’achat des éoliennes jusqu’à leur démantèlement en fin de vie après une vingtaine d’années de fonctionnement. Le retour d’expérience de la Fédération Energie Eolienne (FEE) montre que sur l’ensemble des projets, le MWh sera vendu, en moyenne, à 65,4€, complément de rémunération inclus**. En comparaison, le coût de l’électricité produite par le nouveau nucléaire s’élèvera à 110 €/MWh (EPR de Hinkley Point).

 

L’éolien terrestre est ainsi le moyen de production d’électricité le plus compétitif avec les moyens conventionnels comme les centrales gaz à cycle combiné.

 

Pour accompagner le développement de la filière éolienne et permettre la baisse des coûts, l’État a mis en place un système de soutien à la production d’électricité éolienne. Ainsi, en France, tous les foyers participent au développement des moyens pour produire de l’électricité renouvelable (hydraulique, solaire, éolien…) à travers la « Contribution au Service Public d’Électricité » prélevée sur leur facture. Environ 17% de cette taxe est affectée à l’éolien en 2019, ce qui représentait 2,3%* de la facture d’électricité des ménages français en 2017 (source Commission de Régulation de l’Energie).

 

*Prix de l’électricité en France et dans l’Union européenne en 2017 – source Ministère de la Transition écologique et solidaire.

 

** Arrêté du 6 mai 2017 fixant les conditions du complément de rémunération de l’électricité produite par les installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent de 6 aérogénérateurs au maximum

Pourquoi une éolienne ne tourne pas tout le temps ?

La clef est de comprendre que les éoliennes sont indépendantes les unes des autres.

Les éoliennes tournent en moyenne 80% du temps.

Il existe plusieurs causes possibles, parfois cumulatives, qui peuvent expliquer l’arrêt d’une ou plusieurs éoliennes :

 

– la vitesse du vent, trop faible ou bien trop élevée en cas de tempête pour éviter toute détérioration : en effet, un vent inférieur à 10 km/h est insuffisant pour faire démarrer et tourner une éolienne. À l’inverse, un vent trop fort entraîne l’arrêt de l’éolienne, de manière à éviter tout risque de casse du matériel et des équipements et minimiser leur usure. Ces arrêts pour cause de vents forts sont peu fréquents en France métropolitaine et sont souvent automatisés : ils ne dépassent pas 10 jours par an. De plus, la plupart des éoliennes sont installées sur des sites caractérisés par des vitesses de vent en moyenne supérieures à 20 km/h ;

 

– les travaux de maintenance ou de réparation : ils nécessitent l’arrêt ponctuel des éoliennes pendant quelques heures ou jours, conformément à la réglementation ;

 

– les travaux de déploiement, de maintenance ou de réparation des réseaux électriques de transport ou de distribution réalisés par les gestionnaires de réseaux : ces arrêts volontaires sont courts et ne représentent que 1,5 % du temps, soit environ 5 jours par an.

 

Source issue de l’ADEME

Les éoliennes ne tournent pas tout le temps. Sont-elles efficaces pour produire de l’électricité ?

La notion clef ici est celle de facteur de charge.

Le facteur de charge d’une éolienne en France en 2020 – c’est-à-dire le ratio entre l’énergie que produit une éolienne pendant un an et l’énergie qu’elle aurait produite durant cette période si elle avait constamment fonctionné à puissance nominale – se situe à près de 26% (source RTE). Cela veut dire qu’une éolienne tourne à sa puissance maximale, près de 26% du temps par an. Garantir un tel niveau de facteur de charge moyen est un des paramètres importants de la rentabilité d’un projet. C’est pour cela que la localisation d’une éolienne est un élément essentiel.

En matière d’objectif de production électrique, avec la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, promulguée le 18 août 2015, la France s’est fixée pour objectif d’atteindre 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie de la France à horizon 2030. En 2019, le parc éolien français a produit 34,1 TWh soit 6,3 % de la production d’électricité nationale. Cela représente une progression de 21,2 % par rapport à 2018 (source EDF) et les perspectives de progression se poursuivent depuis lors. L’éolien est la 2e source de production électrique d’origine renouvelable derrière l’énergie hydraulique (10,3%) et sa part devrait continuer à augmenter.

En quoi cela consiste de brider une éolienne ?

Brider une éolienne consiste à réduire sa puissance acoustique en réduisant la vitesse de rotation des pales, en réduisant leur orientation et leur prise au vent.

Ce bridage est automatisé et peut-être paramétré pour chaque éolienne d’un parc selon la vitesse et la direction de vent, la température, la pluviométrie ou encore la visibilité, et selon une plage annuelle et des horaires précis. Si nécessaire, cela peut aller jusqu’à l’arrêt de certaines machines, afin de respecter les réglementations en vigueur.

Le bridage est utilisé afin de réduire, voire d’éviter, les éventuels impacts des éoliennes sur l’acoustique ou bien sur les animaux, tels que les chauves-souris ou les oiseaux. Les paramètres du bridage sont déterminées grâces aux résultats des études acoustiques et écologiques.

Une éolienne bridée produit-elle moins d’énergie ? Est-ce rentable ?

Oui, brider une éolienne revient effectivement à en réduire sa puissance. Ce système peut être utilisé à certaines périodes et sur certaines plages horaires afin de préserver les éventuelles espèces menacées et/ou de réduire les potentielles nuisances sonores selon la direction des vents.

Néanmoins, ces bridages, paramétrés selon des critères bien précis, engendrent une perte très limitée de la production électrique. La rentabilité énergétique, et donc économique, est maintenue. 

Quelles seront les retombées économiques pour la commune ?

Avec l’éolien, une collectivité perçoit des revenus à plusieurs niveaux :

 

  • la Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties (TFPB);
  • la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), qui est intégralement perçue par les communes et communautés de communes;
  • la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) : les recettes de la CVAE sont partagées entre les communes (26,5%), les départements (48,5%) et les régions (25%);
  • l’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER), dont le montant est de 7 210 € par MW installé est actuellement réparti entre la commune et la communauté de communes (70 %) d’une part, et le département (30 %) d’autre part. Depuis le quatrième trimestre 2018 la commune d’implantation du parc éolien perçoit systématiquement 20 % de l’IFER3, et le département 80 %[1].

La location des terrains peut également être une source de revenus s’il s’agit d’un terrain communal.

 

En moyenne, l’implantation d’un parc de 5 éoliennes de 2 MW génère 200 000 euros de ressources fiscales par an[1], dont 68,3 % reviennent aux communes, 28,2 % au Conseil départemental et 3,5 % à la Région.

 

[1] Source : Les recettes perçues par les collectivités au titre de la fiscalité éolienne : règles générales, montants et répartition, Amorce, novembre 2016